« Se souvenir n'est autre chose que concevoir
reconnaître
ce que nous avons auparavant perçu; or la faculté
de
concevoir et de reconnaître ce que nous avons
déjà
perçu nous vient uniquement du pouvoir que nous avons
d'associer
entre elles diverses idées, et l'association des
idées,
à son tour, dépend exclusivement du pouvoir de
contracter
des habitudes, qui est propre au principe de la pensée. La
mémoire n'est donc qu'une habitude. » A. Gratacap
Depuis 1970 par
thématique: cliquez sur le thème choisi.
Procédons à une mise à jour de nos
indices de
référence contemporains en regard de ceux,
souvent
oubliés, effacés, qui organisaient la vie entre
les
années 1960 et 1970. Le tableau ci-après reprend
les
coûts d’articles de consommation courante avec leur
prix de
vente en Francs de l’époque. Nous avons dans la
colonne
suivante transformé cette somme en euros pour la mettre en
parallèle du prix de ce même article en 2004
(l’indice multiplicateur du Franc 1973 en euros 2004 est
0,72).
La dernière colonne traduit en pourcentage la variation
globale
du coût en trente ans.
| Désignation |
Prix en F. 1973 |
Prix 73 en euros |
Prix 2004 |
Variation en % |
| Quotidien |
0,80 |
0,58 |
1,20 |
+106% |
| 2 pièces Paris XIV location |
750 |
540 |
760 |
+40% |
| Disque 45t.CD 2 titres |
6 |
4,3
|
9 |
+100% |
| Disque 33t.CD album |
25 |
18 |
18 |
= |
| Cigarettes Gauloise bleue |
1,50 |
1,08 |
4,10 |
+280%
|
| CigarettesCamel |
2 |
1,44 |
4,50 |
+212% |
| Vêtements Jean’s Levis |
50 |
36 |
50 |
+38% |
| Vêtements T-Shirt |
6 |
4,30
|
20 |
+46% |
| Vin Vieux Pape |
2,50 |
1,80 |
1,80 |
= |
| Pain Baguette |
0,70 |
0,50 |
0,80 |
+60% |
| Télévision N&B |
3 500 |
2520 |
100 |
-95% |
| Ticket métro Ratp |
0,70 |
0,50 |
1,30 |
+160% |
| Restauration rapide |
18 |
13 |
7 |
-50% |
Nous allons nous pencher maintenant sur quelques secteurs
économiques en quittant l’aspect quantitatif du
coût
et accordons-nous quelques regards sur l’évolution
des
comportements face à ces secteurs :
l’alimentation,
l’automobile, la consommation
d’énergie…L’ensemble de ces
données
sont nationales. Nous considérerons utile, même
pour ceux
qui ont la mémoire active mais plus encore à
l'égard de ceux pour qui l'exercice demandera un effort, de
se
laisser aller dans les pages qui suivent. N'enrayez pas la
réminiscence de vos souvenirs lors de cette lecture. Nous
reviendrons ensuite sur les effets de ces réveils de
mémoire. Nous avons pris soin d’écarter
les
commentaires et avons tenté d’étayer
notre voyage
dans le temps de la façon la plus large possible. Bien
évidemment, tout n’est pas là et si des
datations
précises apparaissent une première
réflexion se
présente. Ce déplacement au long de l'axe du
temps
entraîne une réflexivité qui se noue
autour de
trois questions: « d'où venons-nous »,
« qui
sommes-nous », « où allons-nous
»,et dont la
mémoire collective constitue le fil conducteur apparent.
Elle y
tisse des liens qui à partir du lieu d'où l'on
vient et
de l'être que nous sommes devenus permet d'anticiper et de se
projeter vers l'espace où l'on se dirige, de le faire sur la
base de projets mobilisateurs et d'espérances porteuses de
devenir. C'est en tous les cas ce que tous attendons de cette
mémoire partagée, rassurés du fait
qu'une
réponse à la direction du sens
présuppose une
solution aux questions préalables, notamment la
réponse
de l'origine du sens du chemin réalisé. La
mémoire
collective entre donc en scène pour pourvoir à
cette
continuité personnelle afin d'assurer au « cap
»
fixé des bases non aléatoires, un parcours
différent que celui du risque de la discontinuité
où tout peut être fréquemment
à recommencer.
Engageons notre voyage mythique et fantasmé depuis des
millénaires: remontons le temps.
L’alimentation :
Dans la base de données Insee en
référence la
consommation alimentaire exclut les boissons alcoolisées.
- Les produits
bruts traditionnels sont pommes de terre, légumes secs,
oeufs, farines, riz, pain, pâtes.
- Les sucres
bruts sont sucres raffinés, miels et édulcorants.
- Les graisses
brutes sont beurre, huile et margarine.
- Les viandes
rouges sont boeuf et mouton.
- Les viandes
blanches sont volailles, veau, poisson frais ou
préparés.
- Les produits
laitiers sont lait, crème de lait, yaourts et desserts
lactés
- Les produits
« santé » regroupent les aliments pour
enfants et diététiques, les soupes et potages,
céréales pour petit déjeuner, eaux,
jus de fruits
et de légumes.
- Les viandes
préparées comportent les charcuteries, les
plats préparés et conserves à base de
viande.
- Les
confiseries regroupent les biscuits, biscottes, chocolats et
friandises, pâtisserie, glaces et sorbets, boissons non
alcoolisées hors jus de fruits.
- Enfin les
autres produits sont les condiments, café, thé,
produits amylacés et viande de cheval.
Le tableau qui
suit traduit l'évolution du rapport de volume, en
pourcentage,
des parts de produits de la consommation alimentaire de 1960
à
2001 (source Insee). Comme pour d'autres tableaux que nous
présentons, prendre en compte les trois dernières
décennies du vingtième siècle impose
utilement la
considération de la décennie 1960.
Dans les
années 1960 la dépense alimentaire
représente 20%
des revenus de la famille, aujourd’hui cette part est de 14%.
Nous observons qu’une habitude s’est
développée entre les années 1960 et
1980 pour se
stabiliser depuis : les repas pris à
l’extérieur du
foyer au travers des modes de restauration rapide, des restaurants
d’entreprises ou des cantines renommées restaurant
scolaire . Ces repas hors foyer représentent 22% de la
dépense alimentaire alors qu’ils
étaient tout
à fait marginaux en 1970. Ajoutons à ceci la
consommation
par habitant de plats cuisinés qui augmente de 5% par an en
moyenne de 1960 à 2001. La croissance des
dépenses
alimentaires croît surtout de 1960 à 1973 avec une
hausse
de +2,7% par habitant et par an, depuis 1996 une augmentation de +0,5%
par habitant et par an.
PAGE EN TRAVAUX, TABLEAUX
EN COURS A PARTIR DE CET ENDROIT DE LA PAGE (à
bientôt)
1960
1980
2001
Produits bruts traditionnels
23,1
12,6
9,5
Sucres bruts
2
1,2
0,6
Graisses brutes
4,3
3,8
2,5
Viandes rouges
11,2
11,2
6,6
Dont boeuf
10
9,8
5,4
Porc, graisses animales et triperies
2,8
3,2
2,5
Viandes blanches et poissons
14
14
14,4
Dont: viandes de volailles
3,8
5,4
5,7
Poisson et produits de la mer préparés
1,7
2,5
4,2
Produits laitiers
7,4
10,8
13
Dont: fromage
4,1
6,8
7,3
Yaourts et desserts lactés
Produits santé et forme
1,7
2,8
5,5
Fruits et légumes
16,8
15,2
15,6
Dont: préparations et conserves de légumes et
pommes de terre
1,2
2,3
3,1
Préparations et conserves de fruits
0,8
1,1
1,3
Légumes frais
8,5
5,7
5,4
Fruits frais
7,3
6,1
5,8
Viandes préparées
5,9
8,3
11,7
Confiseries, pâtisseries, boissons sucrées
8,8
13
14,1
Dont: chocolat et confiserie
3
4,5
4,7
Pâtisserie
4
4,7
3,7
Dès les
années 1960, les ménages ont tendance
à diminuer
leur demande de produits traditionnels. Ces mêmes produits,
il y
a trente ans parmi les moins chers du marché sont devenus
aujourd’hui les plus côtés. Ils sont
produits de
terroir, fermiers, souvent identifiables par un label. Ce sont les
modes de vie de plus en plus sédentaires liés
à
l’urbanisation qui réduisent les besoins en
produits
traditionnels à forte valeur nutritive. Les modes de
distribution se modifient alors avec l’apparition des
premiers
supermarchés. Pour le pain, dont le prix progresse plus vite
que
la moyenne des aliments, la consommation par habitant diminue de 1,4 %
par an en moyenne depuis 1960. Les pommes de terre, de moins en moins
fréquemment achetées fraîches, sont
désormais dans l’assiette du consommateur sous une
forme
transformée. Plusieurs facteurs conduisent à
limiter le
temps de préparation des repas et à favoriser la
consommation de produits élaborés :
l’activité féminine se
développe, les
trajets domicile-travail s’allongent, le temps
consacré
aux activités de loisirs s’accroît.
La consommation de sucre (en morceaux ou en poudre) par personne
diminue de 3% par an depuis 1971, remplacé en partie par les
édulcorants de synthèse tout d'abord
discrètement,
jusqu’à ce que ceux-ci deviennent un argument
lié
aux préoccupations de santé. Ils apparaissent sur
les
rayons des pharmacies dès 1990, puis dans les grandes
surfaces.
Les dix dernières années voient surgir des
problèmes sanitaires liés à la
consommation
alimentaire : crise de la vache folle, salmonellose,
listériose,
dioxine et font re-vivre des modes de production sains,
nommés
biologiques et aussi reconnaissables par des labels.
L’attention portée à freiner la
consommation de
graisses entre les années 1970 et 1980 entraîne
à
cette période l’arrêt de
l’augmentation de
consommation de viande par habitant. Un report partiel de cette
consommation se fera sur le poisson qui connaît un franc
succès entre 1980 et 1990.
Au palmarès du développement, les produits
laitiers
affichent une croissance de leur part dans l’alimentation qui
passe de 7,4% en 1973 à 13,5% aujourd’hui. Les
Français mangent 15 fois plus de yaourts et desserts
lactés aujourd’hui qu’en 1960. Le
fromage voit lui
aussi sa consommation par personne se multiplier par 3,4 lors de la
même période.
De 1960 à 1975 les fruits et légumes se
retrouvent en
conserves avec une croissance de 7,8% par an et par habitant de ce type
de produits en « boîtes ». De 1975
à 1985
cette croissance va chuter à +0,3% pour vivre avec
l’arrivée des surgelés un regain depuis
lors,
+1,9%. Légumes et fruits frais ne connaissent quand
à eux
qu’une croissance de +0,5% par habitant et par an et ce
depuis
1960 !
Les confiseries, pâtisseries, boissons sucrées ont
également un certain succès. La consommation par
habitant
de limonades, sodas… augmente de 4,5 % par an en moyenne de
1960
à 2000. Celle de glaces et sorbets explose au cours des
décennies1970 (10,8 % par an en moyenne) et 1980 (5,8 %),
liée à l’équipement de
nombreux
ménages en congélateur. Les comportements de
grignotage
sont de plus en plus fréquents ; la consommation par
personne de
biscuits, biscottes, pâtisserie de conservation
croît de 3
% depuis 1960.
L’automobile :
Précisons sur cet aspect ce que comprennent les
dépenses
de la consommation des ménages pour l'automobile et ce
toujours
en fonction de normes méthodologiques liées
à la
base de donnée Insee consultée:
- voitures
neuves
- carburants
- entretien et
réparation
- voitures
d'occasion
- assurances
- cours de
conduite et permis de conduire
- parkings et
stationnement
- services
donnant lieu à péage
- location
d'automobiles
- carte
grises, vignettes et amendes
l'entretien et la réparation avec le coût de la
main
d'oeuvre pour l'entretien et la réparation des automobiles
(y
compris les batteries), les échanges standard moteur, les
pneumatiques (y compris rechapage), le contrôle technique,
les
lubrifiants.
En quarante ans,
la part de l’automobile dans la consommation double, en
valeur
comme en volume évoluant de 8% en 1960 à 14% dans
les
années 1980 et évoluant de 2% depuis. Depuis ces
trente
dernières années les acheteurs s'orientent vers
des
véhicules de gammes inférieures ce qui
s’explique
par la meilleure qualité des automobiles et leur niveau
d’équipement plus élevé
dès le bas de
gamme. N’oublions pas que l’évolution du
pouvoir
d’achat mais aussi de la législation influe
particulièrement sur l’évolution des
dépenses liées à
l’automobile avec
l’essor de taxes, vignettes et récemment de
l’obligation du contrôle technique des
véhicules en
circulation (1992). Les dépenses d’entretien et de
réparation qui constituaient 35% du budget automobile global
en
1960 et qui s’étaient effondrées en
1985 à
10%, retrouvent aujourd’hui leur niveau de 1960.
Une automobile
de même puissance (7cv) consommait de 10 à 14
litres au
cent kilomètres en 1960, 8,3 litres au cent
kilomètres en
1980 et 7,4 litres au cent kilomètres en 2000, parfois moins
de
6 litres aujourd'hui. Le même véhicule devrait
approcher
d’une consommation proche des 3 à 4 litres d'ici
2010.
Ajoutons que le carburant a évolué passant de
l’ordinaire, au super, au super sans plomb. Le diesel
apparaît au début des années 1970 pour
représenter aujourd’hui 56% des immatriculations
d’automobiles neuves. Si l’écart de prix
était de 30% en moyenne depuis 1960, la consommation
demeurait
semblable, en 1980 les moteurs diesels ont une consommation
inférieure de 8% à l’identique en
version essence,
en 2000 cet écart est de 17% avec un léger
effritement de
l’écart prix. Le GPL intéresse sans
véritablement déclencher des comportements
d'achats
significatifs.
Aujourd’hui, huit ménages sur dix
possèdent au
moins une automobile. Ils étaient trois sur dix en 1960,
cinq
sur dix en 1967 et sept sur dix en 1980.
En 1960, trois quarts des cadres supérieurs
possédaient
une voiture, contre un quart des ouvriers. En 1970, 90% des cadres
supérieurs avaient une voiture pour plus de 60% des
ouvriers, et
dix ans plus tard, respectivement plus de 90% et 80%.
Entre 1960 et 1970 le nombre de femme réussissant
l’épreuve de l’examen du permis de
conduire double,
depuis la part de permis délivrés aux femmes est
passé de 8% à 44% du total.
La forte progression de l’équipement automobile
ces
quarante dernières années va de pair avec celle
du
pouvoir d’achat. Ainsi au cours des années 1960
à
1970, le pouvoir d’achat a fortement augmenté et
le nombre
annuel d’immatriculation de voitures neuves a plus que
triplé.
Le cinéma :
Avec 185 millions
d’entrées, les professionnels du secteur
considèrent l’année 2001
exceptionnelle. Pourtant,
les spectateurs sont deux fois moins nombreux qu’en 1960 !
Entre
1960 et 2000, le prix des places a augmenté en moyenne de 7%
par
an, sur la même période le prix des
dépenses
liées à la télévision
n’augmente que
de 3,8% par an, et celle du prix de l’ensemble des
dépenses des ménages de 5,4% par an. Les
ménages
consacrent 13% de leurs loisirs audio-visuels au cinéma
contre
66% en 1960, ce sont aujourd’hui les dépenses
liées
à la télévision (redevance,
abonnements aux
chaînes payantes, câble et satellite) qui
représentent 65% des dépenses audio-visuelles, le
reste
(22%) étant consacré à
l’achat de DVD et
cassettes vidéos préenregistrées.
Balayons la mémoire des sorties
cinématographiques (choix
éminemment subjectif): 1973 La maman et la putain de Jean
Eustache; 1977 Cet obscur objet du désir de Luis Bunuel;
1979
Apocalypse Now de Francis Ford Coppola; 1981 Stalker d'Andrei
Tartovski; 1983 A nos amours de Maurice Pialat; 1984 Kaos de Paolo et
Vittorio Taviani; 1986 My beautiful laundrette de Stephen Frears; 1989
Faux-semblants de David Cronenberg; 1991 Edward aux mains d'argent de
Tim Burton; 1995 Dead Man de Jim Jarmusch; 1997 Commandements de Daniel
Tiplitz; 1998 Cours, Lola cours de Tom Tykwer.
Le tableau suivant chiffre les dépenses des
ménages au
cinéma et expose la fréquentation des salles de
1960
à 2000.
Années
Millions d'entrées
Millions d'euros
1960
350
110
1964
275
130
1968
205
150
1972
180
190
1976
175
300
1980
175
450
1984
180
690
1988
125
570
1992
120
605
1996
135
750
2000
185
940
La consommation de l’énergie domestique :
Précisions liées à l'utilisation de la
base de données de l'Insee:
les dépenses de chauffage et d'éclairage
recouvrent les
dépenses d'électricité, de gaz, de
combustibles
liquides (fioul domestique et gaz pétrolier
liquéfié.
les dépenses de combustibles solides (produits sylvicoles et
charbon: houille, lignite et tourbe, cokéfaction)
les dépenses de chaufage urbain
les dépenses de fioul lourde et de charbon de bois
étant
marginales, elles ne sont pas considérées dans
cette
étude
Si l’électricité est devenue
l’énergie
dominante dans les foyers ce ne fut pas toujours le cas, et ce dans un
passé récent. La part
d’énergie domestique
dans la consommation totale des Français est la
même
qu’en 1960 et le chauffage constitue l’usage
principal de
cette consommation. En effet en 2000 les dépenses
d’achat
d’électricité consacrées au
chauffage et
à l’éclairage sont de 50% (contre 22%
en 1960),
loin devant le gaz 17% (4% en 1960) et le fioul domestique 17% (10% en
1960). En 1960 le charbon représente 35% des
dépenses (7%
en 2000), suivi du bois qui est passé de 23% à 5%
pour la
même période.
Depuis le début des années 1960 la consommation
de
charbon n’a pas cessé de baisser (-8,4% par an en
moyenne,
dans le même temps les prix augmentaient de 6,8% par an. La
consommation de charbon reste concentrée autour des anciens
sites de production, région Nord-Pas de Calais,
secondairement
la Lorraine. Le charbon y alimente des chauffages d’appoint
pour
56% et coexiste pour 44% avec un chauffage central.
La consommation de bois avait diminué de moitié
en volume
entre 1960 et le milieu des années 1970 mais a
retrouvé
depuis peu la faveur des foyers, depuis quarante ans son prix a
augmenté continûment de +4,3% par an.
En 1974 à l’issue du premier choc
pétrolier le prix
du fioul domestique a crû de 75% contre 8% pour
l’électricité. De nombreuses campagnes
d’économies d’énergie se
développent
à compter de 1974, un vaste programme de centrales
nucléaires prend corps et 1976 voit apparaître
pour la
première fois l’horaire
d’été. La
proportion de logements neufs chauffés à
l’électricité a
été multiplié
par cinq entre le début et la fin des années
soixante-dix, passant de 5% à 25%, elle atteint 40% depuis
le
milieu des années 1980.
Ci dessous le tableau présente la part en pourcentages des
différents types d'énergie utilisés
dans la
consommation domestique de 1959 à 2001.
Années
Charbon
Électricité
Bois
Gaz
Fioul
GPL
Urbain
1959
36
21
24
2
9
7
1
1963
35
20
17
7
12
7
2
1967
21
29
13
7
20
8
2
1971
11
31
7
9
31
8
3
1975
7,5
31
5
13
33
7
3,5
1979
5
37
2,5
15
31,5
5
4
1983
4
39
2,5
18
26,5
6
4
1987
4
50
2,5
18
17
5,5
3
1991
2
52
2
17,5
16,5
6,5
3,5
1995
1,5
56
2,5
16,5
12,5
6,5
4,5
1999
1
54
2
19,5
12,5
7,5
3,5
2001
0,5
51
1,5
21
15
7,5
3,5
Les petits commerces :
Depuis 1970 le nombre de petites épiceries a
été
divisé par six, celui des boucheries par trois. Une commune
sur
deux n’a plus aucun commerce de proximité.
Tableau comparatif du petit commerce de proximité entre 1966
et 1998:
Entreprises
nombre
Personnes
occupées
Types de commerces
1966
1998
1966
1998
Boulangerie Pâtisserie
40 200
22 400
106 800
44 900
Boucherie
50 500
14 700
120 600
25 400
Poissonnerie
4 700
2 100
8 700
3 400
Charcuterie
12 700
6 400
0
11 800
Épicerie
87 600
13 800
144 900
19 000
Crémerie Fromagerie
4 600
1 100
8 500
1 600
Commerce de fleurs
5 900
9 900
0
15 000
Librairie Journaux
13 200
11 900
22 900
19 200
Horlogerie Bijouterie
8 900
3 800
15 400
5 900
Commerce de chaussures
9 000
4 300
16 000
6 500
Commerce de vêtements
47 900
27 500
80 700
39 000
Électroménager
8 100
5 500
16 800
8 800
Quincaillerie, coutellerie
9 300
5 000
16 600
7 300
Le premier supermarché a été
créé en
1957 et le premier hypermarché en 1963. Créations
assez
tardives, comparées au succursalisme, qui existe depuis la
seconde moitié du dix-neuvième siècle,
aux
magasins populaires, apparus à la fin des années
vingt
(tel que la Samaritaine) et même à
l’essor des
groupements de commerçants au cours des années
cinquante.
Au milieu des années soixante, le grand commerce
organisé
était encore balbutiant face au petit commerce, souvent
indépendant. Celui-ci était encore essentiel dans
une
logique de distribution de proximité. On recensait, en 1966,
87
600 petites épiceries (comptant jusqu’à
deux
salariés), il en subsiste 13 800.
Les petits commerces d’habillement et de chaussures sont
fortement concurrencés par le grand commerce
spécialisé. Celui-ci est souvent plus
adapté que
le petit commerce indépendant pour suivre rapidement les
modes
et pour renouveler fréquemment les collections. Le nombre de
ces
petites entreprises s’est réduit de
moitié : on en
comptait 57 000 en 1966, contre 32 000 trente ans plus tard. Le nombre
des petites entreprises de quincaillerie ou vendant des appareils
électroménagers, des radios et des
télévisions s’est réduit
fortement en trente
ans, bien que la demande reste importante pour leurs produits.
Il y avait, en 1966, 9 000 petites quincailleries, il en reste 5 000.
De très nombreuses stations-service ont disparu, dont
beaucoup
de petites indépendantes : de 46 400 points de vente de
carburants en 1966 ce sont les deux tiers qui disparaissent avec un
solde de 16 200 en 2000.
En revanche, le nombre d’entreprises de
boulangeries-pâtisseries n’a diminué que
de quelques
milliers en un peu plus de trente ans : il est passé de 54
000
en 1966 à 43 000 en 2000. Les Français continuent
d’acheter leur pain, leurs croissants ou leurs
gâteaux dans
une boutique de proximité. Le nombre de petits commerces de
journaux et de librairies s’est presque maintenu (13 200 en
1966,
11 900 en 1998). La politique de fixation des prix a restreint la
concurrence de la grande distribution spécialisée.
Les petits commerces de fleurs font exception à la
règle.
Ils sont aujourd’hui une fois et demie plus nombreux
qu’au
milieu des années soixante. Les pharmacies sont plus
nombreuses
qu’il y a une trentaine d’années. Ce
secteur est
très réglementé : leur implantation
est soumise
à des quotas relatifs à la population
résidente.
La consommation a baissé d’un tiers dans les
cafés,
dont le nombre a été divisé par deux
ces trente
dernières années (104 000
établissements en 1966,
54 000 en 1994).
La grande
distribution :
Apparus en 1963, les hypermarchés ont connu un essor
considérable : ils distribuent actuellement 20 % des
produits
destinés aux consommateurs (hors automobile). Quasi
inexistantes
en 1963, les grandes surfaces spécialisées non
alimentaires vendent aujourd’hui, avec les chaînes
succursalistes de magasins de petites surfaces, 9 % de
l’ensemble
des produits commercialisables. Elles constituent un grand commerce
dont le poids rivalise avec celui des hypermarchés. La
concentration caractérise l’évolution
des formes de
vente au détail depuis 1963.
Pour la compréhension du tableau ci dessous
précisons :
les produits commercialisables sont les produits susceptibles
d'être vendus par le commerce de détail; ils ne
comprennent pas les automobiles
les petits et moyens commerces sont entendus y compris le commerce de
petites surfaces, indépendant organisé telle les
franchises
les autres ventes au détail regroupent: les ventes des
boulangeries classées dans les industries alimentaires, les
ventes de pneus, d'accessoires et de carburants par le commerce de
l'automobile, les ventes au détail des autres secteurs.
Le tableau suivant expose les parts de marché parmi
l'ensemble
des produits commercialisés en pourcentage de 1062
à 1994.
Formes de vente
1962
1970
1980
1990
1994
Grandes surfaces alimentaires
3,1
9,5
18,6
29,7
33,6
Dont: Hypermarchés (2500 m2 et plus)
0
2,2
9,4
16,8
19,9
Supermarchés (de 400 à 2500 m2)
0,6
4
7
11,7
12,7
Magasins populaires (de 400 à 2500 m2)
2,5
3,3
2,2
1,2
1
Petites surfaces succursalistes d'alimentation
générale
7
6,5
3,8
1,4
1,1
Grands magasins
2,7
2,9
2,2
1,6
1,3
Vente par correspondance généraliste
1,2
0,7
1
1
1,2
Autres généralistes
0
0,7
0,7
0,6
0,5
Grand commerce non alimentaire spécialisé
0
1
3,9
7,1
8,9
GRAND COMMERCE
14
21,1
30,2
41,4
46,7
Petites surfaces d'alimentation générale
indépendantes
12
8,7
4,6
3,2
2,7
Commerce de détail alimentaire
spécialisé
14,7
12,4
9,6
6,8
5,8
Dont: Commerce de viandes
9,2
8,2
6,1
3,7
2,9
Pharmacies
3,5
4,3
4,1
5,4
6,1
Petit et moyen commerce spécialisé non alimentaire
32,8
30,5
27,8
24,1
21,5
PETIT & MOYEN COMMERCE
63
55,9
46,1
39,5
36,1
ENSEMBLE DU COMMERCE DE DETAIL
77
76,9
76,2
80,9
82,8
Autres ventes de détail
23
23,1
23,8
19,1
17,2
Dont: boulangerie et pâtisseries
3,6
3,3
3
2,6
2,4
Commerce de l'automobile
9
8,9
11,6
8,2
7,7
ENSEMBLE DES VENTES AU DETAIL
100
100
100
100
100
En milliards de francs TTC
142
282,3
955,5
1985,7
2143,1
Depuis 1970, les grandes surfaces alimentaires ont presque
doublé leur part de marché aux dépens
du petit
commerce alimentaire, spécialisé ou non. Les
petites
alimentations générales se sont
raréfiées :
elles ne distribuent plus que 10 % des produits alimentaires en 1994,
contre 35 % en 1970. Le développement des magasins de
proximité sans salarié et aux larges horaires
d’ouverture est un créneau qui permet à
des
entreprises individuelles de se maintenir. Les petites surfaces
spécialisées, quant à elles, ne
réalisent
plus que 17 % des ventes de produits alimentaires contre 32 % en 1970.
Dans la distribution de la viande et des produits à base de
viande, le grand commerce alimentaire couvre 55 % du marché,
les
boucheries et charcuteries conservant 30 % de ce marché, les
15
% restant allant aux petites surfaces d’alimentation
générale, aux producteurs et aux grossistes.
Les hypermarchés et les supermarchés ont
développé leurs rayons de fruits et
légumes frais
et vendent plus de 60 % de ces produits. Leur part de marché
dans la vente de poissons et crustacés s’est
améliorée. C’est aussi le cas des
petites
alimentations générales indépendantes,
grâce
aux surgelés et semi-conserves, produits de
dépannage,
faciles à trouver aux heures tardives. Quant aux
poissonneries,
leur position s’est
détériorée (36 % du
marché contre 82 % en 1970). Pour
l’épicerie
sèche et les boissons, la conquête du
marché par
les grandes surfaces s’est faite dès les
années
soixante dix au détriment des alimentations
générales de proximité qui passent de
54 % du
marché en 1970 à 13 % en 1994. Seul le pain a
résisté à la distribution en grandes
surfaces et
reste majoritairement vendu par les boulangers qui
représentent
encore 77 % du marché (contre 90 % en 1970).
Les produits non alimentaires constituent 46 % des ventes des
hypermarchés, contre 36 % en 1970. Un des segments forts des
hypermarchés est le rayon de
l’électroménager, des produits bruns
(téléviseurs, chaînes Hi-fi,...) et des
disques et
vidéocassettes. Avec 28 %, contre 4 % en 1970, ces grandes
surfaces dominent le marché de ces produits. Elles
dépassent le petit commerce spécialisé
(27 %) et
le grand commerce spécialisé (Darty,
Boulanger,...) qui
en représente 20 %. Les hypermarchés
réalisent
près de 14 % des ventes de livres, papeterie, presse ; leur
part
de marché croît
régulièrement depuis 1970,
pour agir sur les prix des livres, ils créent leur propres
collections et proposent un choix restreint aux titres les plus connus,
souvent les grands classiques de la littérature.
Dans l’habillement, les réseaux succursalistes de
petites
surfaces (Damart, Etam, Armand Thierry,...) et les grandes surfaces (C
& A, La halle aux vêtements,...) ont connu un fort
développement; ensemble ils atteignent 20 % du
marché.
Ces entreprises agissent surtout en pratiquant des prix bas et en
s’adaptant rapidement à la demande des
consommateurs. Les
petites surfaces indépendantes ont perdu des parts de
marché. Elles n’en couvrent plus que 40%, contre
70 % en
1970. La part des hypermarchés malgré son
augmentation,
reste assez limitée.
Dans les articles de sport, le petit commerce
spécialisé,
les grandes surfaces (Décathlon, Go Sport,...) et les
petites
surfaces succursalistes (Mitemps,...) connaissent une croissance rapide
: le petit commerce atteint près de 70 % du
marché tandis
que le grand commerce spécialisé a
triplé sa
performance entre 1986 et 1994 passant de 5 % à 15 % du
marché. Il propose une vaste gamme d’articles,
pour tous
sports et de toutes marques et se substitue à la
distribution
directe des producteurs qui ne concerne plus que 2,5 % du
marché
contre 27 % en 1970.
Le secteur du bricolage s’est fortement concentré
durant
les dernières années. Quelques grandes enseignes
(Castorama, Leroy Merlin, Bricomarché) parmi les grandes
surfaces de bricolage, possèdent la majeure partie du
marché grâce à un choix important de
produits, aux
services proposés et aux conseils fournis. Les magasins
spécialisés en quincaillerie et bricolage
détiennent plus de 80 % du marché, contre 54 % en
1970.
Le maintien des grandes surfaces alimentaires aux alentours de 7 % du
marché est dû au développement des
premiers prix et
des marques distributeurs.
Les transports :
Alors qu’elle représentait près de 60 %
des
transports terrestres intérieurs de marchandises au milieu
des
années cinquante, la part du ferroviaire,
exprimée en
tonnes-km, n’en constituait plus que 22 % en 1995 (hors
oléoducs). Dans le même temps, celle du transport
routier
de marchandises est passée de 29 % à 75 %. Au
total, les
transports de matériaux pondéreux par la SNCF ont
diminué de moitié (en « tonnes-km
») entre
1970 et 1995.
A cela s’est ajouté le développement du
réseau autoroutier au cours de la décennie 70,
durant
laquelle le nombre des véhicules utilitaires (camions,
camionnettes,...) a augmenté fortement : les
immatriculations
neuves ont progressé de 56 % et le parc s’est
accru de
près de 40 %. La longueur des autoroutes a
été
multipliée par 6 entre 1970 et 1995.
Le transport maritime a été victime des
bouleversements
intervenus durant les années 70 dans les grands courants
d’échanges internationaux avec le
développement des
pavillons extraterritoriaux. La flotte a été
divisée par quatre en quarante ans. La navigation fluviale a
régulièrement décliné sur
la période
: sa part modale, en tonnes-km, est passée de 11,2 %
à
2,8 %.
Tableau représentatif du parc des transports de 1954
à 1994:
Parc routier
Réseau
routier
Réseau
SNCF
Voit.part.
et comm.
Utillitaires
Autoroutes
Nationales
Longueur
Lignes élec.
TGV
Milliers
Milliers
Milliers
1000 km
1000 km
1000 km
1000 km
1000 km
1954
2 710
352
1 073
0
81
30
5
0
1964
7 925
1 053
1 760
0
81
38
8
0
1974
14 900
1 525
2 155
3
34
35
9
0
1984
20 700
1 758
3 270
6
34
35
11
2
1994
24 643
1 973
5 103
8
37
32
14
6
Le BTP :
Après la seconde guerre mondiale il fallait
d’urgence
reconstruire le pays, moderniser l’appareil productif et
loger
les générations du "baby boom". En trente ans, la
production du Bâtiment et des Travaux Publics a presque
été multipliée par cinq. Cette
expansion
exceptionnelle a démarré grâce
à des fonds
publics, progressivement relayés par
l’épargne
privée. À partir de 1975, les
difficultés
économiques amènent les entreprises à
réduire leurs investissements en bâtiment. La
montée du chômage et la hausse des taux
d’intérêt réels contribuent
à freiner
les achats de logements des ménages. Au cours des vingt
dernières années, l’activité
du BTP, devenue
plus cyclique, n’a progressé que de 11 %.
Vers la fin des années soixante, les
générations
nombreuses d’après guerre commencèrent
à
s’installer. Leur nombre augmenta de plus en plus vite : 160
000
par an vers 1960, 300 000 au début des années
soixante-dix.
Enfin, l’exode rural entraîna un important
mouvement
d’urbanisation, et nombre de logements vétustes ou
mal
situés étaient condamnés à
disparaître. 100 000 logements par an furent ainsi
désaffectés entre 1954 et 1962, puis 150 000 de
1962
à 1975. L’augmentation de la construction neuve,
qui
culmina à plus de 550 000 logements en 1972, permit de
satisfaire ces besoins en logements sans
précédent. En
solvabilisant les ménages la croissance rendit possible cet
essor exceptionnel. Les salaires étaient
régulièrement revalorisés et le
chômage peu
répandu. L’épargne se reconstituait
progressivement
: de 12 % du revenu disponible des ménages dans les
années cinquante, elle passa à 17,5 % en 1975. La
faiblesse des taux d’intérêt
réels
allégeait l’effort de ceux qui
s’endettaient.
Jusqu’en 1973 l’activité du
bâtiment non
résidentiel privé, soutenue par
l’expansion
générale, fut elle aussi florissante. On
construisait
quinze fois plus de bâtiments agricoles en 1973
qu’en 1962,
cinq fois plus de bureaux, deux fois plus de bâtiments
industriels.
Au début des années soixante-dix la croissance du
BTP se
ralentit. Les conséquences de la "crise"
consécutive aux
chocs pétroliers furent lourdes pour le BTP, qui ne connut
que
trois années de croissance entre 1974 et 1985. Sa production
recula de 5,4 % en 1975, et de 12 % en onze ans. La baisse fut
très sensible dans les secteurs des biens
intermédiaires
et de l’automobile ; ils réalisent près
de la
moitié de l’investissement en bâtiments
industriels,
dont la construction chuta de 30 % en 1975, et à peu
près
d’autant entre 1975 et 1985.
La part du BTP dans l’investissement total des entreprises,
qui
diminuait tendanciellement depuis 1960, tomba à 34 % en 1985
;
elle était de 44 % en 1975, et de 52 % en 1959. Seule la
demande
des administrations progressa au cours de cette période (de
18,9
%).
Le contre-choc pétrolier de 1985 permit une reprise mondiale
et
française. Dès 1986 le BTP sortit de la
récession,
avec une hausse de 4,8 % de sa production. La croissance de ce secteur
passa par un maximum en 1988 (+ 7,7 %), puis ralentit
jusqu’à la rechute de 1992 (- 2,1 %, et - 5,7 % en
1993).
Les services :
En 1995, la production des services marchands a
dépassé 1
800 milliards de francs. Entre 1960 et 1995, elle a
quintuplé en
volume, tandis que celle des transports était
multipliée
par 4, celle de l’industrie et du commerce par 3, et celle de
l’agriculture par 1,5. Les services marchands ont nettement
augmenté leur influence dans l’économie
française, passant de 11 % à 17 % de la valeur
ajoutée entre 1960 et 1995. Ce sont les services aux
entreprises, domaine en plein essor, qui ont connu la progression la
plus spectaculaire : en volume, leur production a
été
multipliée par plus de 8 depuis le début des
années 60, de sorte qu’en 1995 elle
représentait
les deux tiers de la production des services marchands.
Au sein de ce secteur, ce sont des activités quasi-nouvelles
au
début des années 60, comme les services
informatiques,
qui se sont particulièrement distinguées.
D’autres
ont connu un fort développement : les productions
des
postes et télécommunications et du conseil en
information
ont été multipliées par 12. En outre,
la gestion
des facteurs de production s’est de plus en plus
externalisée : la location de matériel de bureau
a
été multipliée par 25, le recours au
travail
temporaire par 10. La production des activités de promotion
et
de gestion immobilières, tirée par le
bâtiment, a
été en hausse constante de 1960 à
1974,
multipliée par 3,5 sur cette période.
La consommation des spectacles et des jeux d’argent a
été multipliée par 4, celle des sports
par 5. La
part de la location de logements est passée de 7,5
à 13 %
entre 1960 et 1995 ; de même, celle des services de
santé
est passée de 3 à 7 % entre 1960 et 1995. Entre
1960 et
1995, l’indice des prix de la consommation marchande a
été multiplié par 8, tandis que celui
des services
marchands était multiplié par plus de 10. Les
activités de nettoyage, qui concernaient 14 000 personnes en
1962, en emploient 160 000 en 1990. De même, les services
informatiques, quasi-inexistants en 1960, occupaient en 1995 plus de
150 000 actifs.
La part des cadres et des professions intermédiaires est
passée de 20 % en 1962 à 32 % en 1990 pour
l’ensemble de l’économie, elle a
crû de 23,5
à 38 % dans les services marchands.
Le marché du travail et l’évolution de
l’emploi :
Depuis 1962, l’effet démographique est
prépondérant. C’est
l’évolution
« naturelle » de la population totale qui
détermine
principalement celle de la population active en France. Le nombre
d’actifs, occupant ou non un emploi, ne cesse de progresser
avec
l’arrivée des générations du
baby-boom, puis
de leurs enfants, sur le marché du travail. Le
développement continu de l’activité
féminine
contribue également à cette progression.
À partir
de 1974, ces générations nombreuses entrent sur
le
marché du travail dans un contexte défavorable,
marqué par une importante progression du chômage.
Entre
1982 et 1990, l’effet démographique
s’atténue. L’effet des variations de
taux
d’activité redevient
légèrement
négatif : le développement continu de
l’activité féminine ne compense plus la
baisse des
taux d’activité aux âges
extrêmes, qui
s’accentue. Par ailleurs, l’emploi progresse peu en
moyenne
sur cette période, sous l’effet de deux
phénomènes opposés : disparitions
d’emplois
dans l’industrie et l’agriculture,
créations dans le
tertiaire. Par suite, l’effet du chômage reste
élevé. Enfin, entre 1990 et 1999, la pression
démographique diminue encore tandis que les taux
d’activité et l’emploi se redressent.
L’évolution des territoires urbains :
Tableau dressant l'évolution de la population
française
métropolitaine urbaine et rurale de 1936 à 1990:
1936
1954
1962
1968
1975
1982
1990
Population (en milliers)
41 813
42 705
46 425
49 712
52 592
54 335
56 615
Urbaine
22 120
24 456
29 370
34 834
38 351
39 861
41 898
Rurale
19 693
18 249
17 055
14 878
14 241
14 474
14 717
Part de la population urbaine en %
53
57
63
70